Nicolas Vereecken, le monsieur abeilles sauvages belge

Considéré comme un des spécialistes reconnus des abeilles sauvages, Nicolas Vereecken doit son orientation de carrière… aux parfums d’orchidées. Retour sur une vocation surprenante.

Comme beaucoup de spécialistes de l’entomologie, la vocation de Nicolas Vereecken s’est déclarée au cours de ses études.

 

"J’avais démarré des études d’agronomie à Gembloux, et la réalisation d’une boîte à insectes fait partie des exercices imposés du curriculum. Faire la mienne m’a beaucoup amusé, et du coup j’ai commencé à en faire aussi pour mes camarades de classe. Je me suis aussi mis à fréquenter le labo de zoologie, qui comptait une section entomologie. J’ai fini par y passer tous mes mercredis après-midi."

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Le parfum de l’orchidée

Mais l’histoire d’amour entre Nicolas Vereecken et les abeilles sauvages a démarré bien plus tard, au moment de son travail de fin d’études.

 

"J’avais choisi comme sujet les parfums émis par certaines orchidées. Je me suis rendu compte que l’espèce d’orchidée que j’étudiais dépendait pour sa reproduction du mâle d’une espèce bien particulière d’abeille sauvage, et qu’elle avait donc développé un parfum spécifique, qui ressemble à celui de leurs femelles, pour les attirer.

 

Au fil de mon travail, j’ai réalisé qu’une série d’orchidées s’étaient ainsi spécialisées. Ce qui implique aussi une grande fragilité, puisqu’elles sont entièrement dépendantes d’une abeille particulière.

 

La conservation de ces orchidées implique donc de mieux connaître l’écologie des abeilles sauvages. Les orchidologues avaient assez peu de connaissances en entomologie, et je me suis donc mis à faire des photos et des vidéos de ces mâles d’abeilles sauvages. Nous étions en 2002-2003, et il y avait à l’époque très peu de documents sur ces insectes."

 

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Des orchidées aux fraises

Depuis cette époque, Nicolas Vereecken a poursuivi ses études et obtenu un doctorat en biologie, et une bourse de chercheur FNRS. Il occupe aujourd’hui la chaire d’agroécologie à l’Université Libre de Bruxelles.

 

"J’ai pris conscience au fil de mes recherches du rôle crucial que jouent les abeilles sauvages dans les écosystèmes de nos régions. Elles sont impliquées aussi bien dans la reproduction de la flore sauvage, mais aussi des plantes cultivées comme les pommiers, les myrtilles, et les fraisiers.

 

Voilà pourquoi il est important de prendre le temps d’étudier les relations entre les plantes et les abeilles, et en particulier des associations qui existent entre les espèces. Y compris, je le répète, des espèces cultivées.

 

La présence de nombreuses espèces d’abeilles sauvages est une garantie importante pour l’agriculture, comme une assurance-vie. Plus d’espèces différentes, cela veut dire un moins grand risque si une maladie décime une espèce particulière."

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Plaidoyer contre la monoculture

"Naturellement, les abeilles sauvages ne jouent qu’un rôle marginal pour les grandes monocultures. Pour de tels champs, un grand nombre d’Apis mellifera, l’abeille domestique, est quasi incontournable. C’est logique, quelque part, car l’élevage de l’abeille domestique est une activité agricole, contrairement à l’image qu’on peut en avoir. Il existe des vétérinaires spécialisés, comme pour le bétail.

 

Les éleveurs pratiquent la sélection de lignée, et même l’insémination artificielle sur les reines pour mieux contrôler les caractéristiques de la colonie! Mais justement, qui dit élevage intensif et monoculture dit aussi maladies et pathogènes, pour les plantes comme pour les animaux.

 

En réalité, il faudrait que l’agriculture revienne à des parcelles plus petites, avec des haies, des polycultures, et le retour des pratiques de jachère et d’agroforesterie, le tout en s’inspirant des dernières avancées scientifiques pour assurer des revenus décents aux agriculteurs et des produits de qualité à des prix abordables pour les consommateurs.

 

La science existe pour prouver que cela crée des écosystèmes agricoles plus résistants aux parasites et aux maladies. De plus en plus d’agriculteurs explorent d’ailleurs cette piste, et c’est tant mieux. Reste à convaincre les décideurs politiques: le mythe de l’abeille domestique garante de biodiversité a hélas! la vie dure."

 

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COORDONNEES

Nicolas VEREECKEN

 

Adresse mail : nicolas.vereecken@ulb.ac.be

 

Flickr : nico_bees_wasps

 

Profil LinkedIn : Nicolas Vereecken

 

Auteur de l'ouvrage " Découvrir et protéger nos abeilles sauvages" 

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