Publié par L'équipe dans Associations à soutenir le 16/04/2026 à 15:55
La Société Royale Belge de Gemmologie (SRBG) est une ASBL qui a été fondée en 1957 par des joailliers désireux de se former à la gemmologie et de former leurs enfants. L’association est donc devenue un centre de formation dont les premiers étudiants ont été diplômés en 1959. Aujourd'hui, l'école a toujours pour objectif de promouvoir la connaissance des pierres précieuses, les pierres gemmes.
La Société Royale Belge de Gemmologie propose des formations et des stages à l’attention des novices comme des professionnels.
La Société Royale Belge de Gemmologie propose principalement une formation longue de deux ans. L’association n’est pas en mesure de dégager un profil professionnel particulier pour ce type de formation. Ce sont avant tout des passionnés de pierres précieuses qui souhaitent approfondir leurs connaissances : des joailliers, des négociants….
Le profil de ces participants est, comme on l’a dit, très diversifié. La Société Royale Belge de Gemmologie compte plusieurs enfants de joailliers qui se préparent à reprendre la joaillerie de leurs parents. On trouve beaucoup de gemmologues qui travaillent dans les joailleries. Plusieurs des formés sont actifs à Anvers, notamment en laboratoires ou en maisons de vente comme chez Wolfers. Enfin, on compte aussi des participants qui deviennent eux-mêmes créateurs ou négociants, sans être issus du sérail.
Les participants à la formation longue proviennent de tranches d’âge très diverses et entreprennent de se reconvertir au départ de secteurs professionnels très variés. La reconversion est favorisée par des horaires de formation adaptés à la poursuite d’activités professionnelles. Au départ, les cours ne se donnaient que le lundi, jour de fermeture historique des bijouteries. Cela permettait aux intéressés de continuer à travailler à 4/5es en parallèle. Mais pour certains, se libérer un jour par semaine n’est pas possible. C’est pour cette raison que la Société Royale Belge de Gemmologie organise désormais également des sessions de formation le samedi.
Enfin, il existe une formule dite de cours particuliers plus pointus. Elle est plus souvent choisie par des professionnels du secteur comme des joailliers ou des acheteurs de pierre. Ces personnes recherchent des cours pratiques et concrets pour reconnaître une gemme et détecter si elle comporte une part de synthèse ou comment elle a été traitée…. Cependant, il est clair dès le départ que l’on ne devient pas gemmologue en 2 heures de cours particulier. On peut apprendre les rudiments de la gemmologie, mais on ne sera pas pour autant capable d’identifier n’importe quelle gemme.
Il existe un stage d’initiation d’une durée de 4 jours. Son public est constitué de personnes qui n’ont vraiment aucune base en matière de gemmologie. Combinant théorie et pratique, ce stage permet aux participants de découvrir les outils de laboratoire, manipuler les gemmes, les observer à la loupe ou au microscope et prendre part à différents ateliers.
D’autre part, la SRBG propose également des cours pour débutants. Leur formule est très souple, à la carte, en fonction des demandes. Elle peut durer 2 heures pour 6 personnes qui n’ont aucune notion de gemmologie.
Des ateliers découvertes sont également organisés pour les enfants.
Modalités d'inscription et visibilité de l'école
L’inscription aux formations se fait uniquement sur rendez-vous ou par mail, afin de collecter une série de documents et pour des raisons de sécurité, car certains pourraient s’imaginer, à tort, que l’école regorge de pierres précieuses de grande valeur. Or, les gemmes dont dispose l’association constituent avant tout un matériel pédagogique. Certains suivent d’abord le stage d’initiation pour savoir s’ils sont prêts à se lancer dans deux années d’étude de gemmologie, mais ils sont minoritaires.
Le succès des formations est souvent au rendez-vous et les cursus sont généralement complets en été. A cette fin, l’association organise une Journée Portes Ouvertes le samedi 30 mai 2026. Deux sessions sont prévues : de 10h à 12h30 et de 14h à 16h30, avec des ateliers, des démonstrations et des rencontres avec le comité scientifique. Les inscriptions pour cet événement se font via l'adresse sbginfo@gemmology.be.
Le cursus de deux ans : devenir expert européen
L’objectif de la formation longue est que l’étudiant soit capable d’identifier n’importe quelle gemme et de manipuler correctement les différents outils de laboratoire. Ce cursus représente 420 heures de cours théoriques et pratiques dispensés en 2 ans, à raison d'un jour par semaine à Bruxelles.
En 1re année, on apprend à identifier un minéral sur la base des outils dont on dispose, c’est-à-dire une feuille de route sur laquelle on note des mesures scientifiques que l’on croise et recroise jusqu’à ce qu’elles correspondent à un minéral donné : un rubis, une fluorite….
En 2e année, certaines gemmes ressortent plus que d’autres, parce que l’on va s’attarder davantage sur la synthèse et sur les traitements destinés à améliorer un peu leur couleur ou leur transparence. Sur le marché, un gemmologue doit pouvoir reconnaître une pierre traitée d’une pierre de synthèse, parce qu’elles n’ont pas la même valeur. On ne traite ni ne synthétise toutes les gemmes. On ne le fait que pour celles qui sont commercialement intéressantes comme les rubis et les émeraudes. Enfin, certaines pierres sont trop fragiles pour supporter un traitement. On se contentera donc de les identifier. Un clair, en 2e année, on pousse plus loin le geste professionnel.
La Société Royale Belge de Gemmologie dispense ses formations en français, mais ses diplômés ont accès à l’examen européen de gemmologie. Tous les diplômés des écoles affiliées à la FEEG (Federation of European Education in Gemmology) peuvent présenter cet examen européen dans leur établissement de formation. Ce diplôme européen permet d'être reconnu à l'international. La grande majorité des diplômés de la SRBG présente cet examen européen avec un taux de réussite avoisinant les 100%.
De nombreux diplômés restent en contact avec l'école. Ils accompagnent bénévolement les étudiants dans leur travail de laboratoire ou donnent certains cours dans leurs domaines d’expertise. En échange, tous les diplômés du cycle long qui deviennent membres de l’ASBL ont accès au laboratoire contre une cotisation annuelle de 50 euros. L’ambiance familiale de l’école joue beaucoup dans la fidélité qu’ils éprouvent à son égard.
Le comité scientifique de la Société Royale Belge de Gemmologie joue un rôle essentiellement de validation de l’approche pédagogique et des contenus abordés. Il se compose de représentants des différentes branches liées à la gemmologie : négoce, commerce, joaillerie, laboratoire, traçabilité… Ce comité permet à l’école de se référencer auprès d’experts dans ces différentes branches et effectue un travail de veille des évolutions et innovations en matière de gemmologie.
L'association est souvent sollicitée comme gemmologue de référence lors d’une vente, par exemple. Mais ce n’est pas sa vocation, car elle ne délivre pas de certificat d’authenticité. En revanche, elle forme des gemmologues qui, eux, seront à même de remplir ce rôle et de délivrer ces certificats.
Défis techniques et éthiques de la gemmologie moderne
Une pierre de synthèse reproduit exactement ce qui se passe dans la nature, c’est-à-dire qu’elle va reprendre toutes les propriétés chimiques et physiques de la pierre naturelle. Par exemple, un saphir, un rubis ou un diamant, ça existe dans la nature, contrairement au zircon cubique (dioxyde de zirconium – ZrO2), par exemple, qui est entièrement produit par l’homme et qui n’a pas d’équivalent dans la nature. Une pierre de synthèse aura le même aspect, la même brillance que son équivalent naturel.
Un des objectifs des formations est justement d’être capable d’identifier et de distinguer une pierre naturelle d’une pierre synthétique. Les outils classiques de laboratoires ne suffisent pas toujours à opérer cette distinction. On a alors recours à des machines plus sophistiquées qui permettent de relever les différents éléments chimiques présents dans la gemme analysée. Si cette dernière contient d’infimes résidus minéraux issus d’un contenant fabriqué par l’homme, la machine les débusquera. Dans des cas plus rares, ces machines très performantes échouent à distinguer une pierre synthétique de son pendant naturel.
Comme souvent, les connaissances gemmologiques sont toujours un peu en retard par rapport au marché. Il suffit qu’on analyse une pierre ayant fait l’objet d’un traitement jusqu’alors inconnu pour que ce traitement soit très rapidement intégré dans les formations.
Un défi majeur réside dans la multiplication des intermédiaires. Aujourd’hui, un joaillier pratique beaucoup moins l’identification. La plupart des joailliers se concentrent sur la seule création de bijoux. Soit parce qu’ils ont perdu la main, soit parce qu’ils n’ont jamais appris à identifier un minéral. Ils risquent donc d’acheter une pierre de synthèse vendue comme naturelle par manque de connaissance. C’est un vrai défi aujourd’hui, d’autant que la certification n’est pas obligatoire en Belgique. Si quelqu’un veut acheter une pierre vendue comme naturelle, c’est à lui de la faire expertiser s’il le souhaite, à moins que le joaillier propose de le faire pour lui. S’il l’achète aux enchères, il n’a pas le droit de se retourner contre la salle de ventes s’il s’aperçoit qu’il s’agit en réalité d’une pierre de synthèse. En effet, les salles de ventes permettent consulter les lots avant l’ouverture des enchères. L’intéressé achète donc en connaissance de cause et endosse la pleine responsabilité de son achat.
Un autre défi est la demande de traçabilité. Les clients sont beaucoup plus soucieux d’acheter des pierres extraites dans le respect du milieu et des personnes. Cependant, concrètement, on n’est guère avancé sur ce plan. Quant à l’origine géographique, elle constitue une demande à la mode, mais la traçabilité reste assez floue car on manque de données vérifiables. Un saphir du Cachemire peut se vendre 10 fois plus cher qu’un saphir du Sri Lanka, alors qu’il peut être difficile de les différencier.
De plus, on sait rarement comment ces pierres ont été sourcées. Certaines gemmes peuvent avoir été extraites par des enfants dans des conditions indignes. Enfin, la tendance selon laquelle les pierres de synthèse seraient plus écologiques fait débat. En effet, le diamant produit en laboratoire nécessite de très hautes températures et s’avère dès lors très énergivore, à l’inverse du corindon Verneuil (Al2O3), par exemple, qui s’obtient par simple fusion à la flamme.
Le marché mondial et la fiabilité des laboratoires
Le travail en laboratoire paraît souvent opaque au consommateur. Les laboratoires suisses comme le SSEF, Gübelin ou GRS sont très fiables pour des pierres de grande valeur. Pour des gemmes plus accessibles, on trouve de bons laboratoires comme Gem Report à Anvers. Le gros problème réside dans de faux laboratoires, notamment en Asie, qui délivrent des certificats sans aucune valeur.
Malgré la réputation des places européennes, on observe un glissement vers l’Asie, particulièrement vers Bangkok. Anvers reste le point de référence pour le diamant, mais le coût de la main-d’œuvre incite les acteurs du secteur à se tourner vers le marché asiatique où elle est bon marché et de plus en plus qualifiée.
La Société Royale Belge de Gemmologie et Mauna Kea
C’est chez Mauna Kea que l'association se fournit en certains matériels comme les loupes. Elle utilise particulièrement des triplets aplanétiques qui ne déforment pas du tout l’image. La loupe est l’outil de base du gemmologue, celui qu’il transportera partout. Ensuite, il passera à du matériel plus sophistiqué comme des microscopes ou des réfractomètres. Mais, comme le naturaliste, le gemmologue ne se sépare jamais de sa pince et de sa loupe. C’est d’ailleurs le matériel qu’on leur remet dès l’entrée en formation.
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